LE COMPAGNONNAGE | GEORGE SAND | ET LISE ?

Premier évènement du bicentenaire de la naissance d’Agricol Perdiguier  : l'exposition que consacre Cécile Attalin à son ancêtre,
du 5 au 18 avril 2004 à la Mairie du 4e arrondissement de Paris
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> EN SAVOIR PLUS SUR CETTE EXPOSITION

Les textes ci-dessous, qui résultent du travail réalisé pour cette exposition, seront illustrés prochainement.


| ET LISE DANS CETTE HISTOIRE ?

« Il est très peu de dames du grand monde, élevées avec grand soin et à grands frais qui n’aient autant de jugement,
d’idées élevées, de cœur et d’intelligence que votre Lise. »

Lettre de George Sand à Agricol Perdiguier, 7 septembre 1840

 

En 1836, Agricol Perdiguier épousait Lise Marcel, une jeune couturière dont le père était charretier. Qui était-elle ? Perdiguier ne nous a laissé aucun renseignement sur sa jolie épouse. Les historiens non plus. Nous la connaissons uniquement grâce à la correspondance qu’elle échangeait avec Perdiguier et George Sand.

Lise est née le 4 janvier 1810, à Paris. Elle était couturière et épousa Perdiguier le 15 octobre 1838. Elle lui donna quatre filles. De 1852 à 1855, Lise fut confrontée à la nécessité d’assurer la survie de sa famille détruite par le départ en exil de Perdiguier. Elle géra seule et avec courage leur garni appelé l’Hôtel des travailleurs, qui comptait 76 lits.

Lise était également une républicaine active qui joua un rôle dans le réseau politique de l’époque. Elle s’intéressait à la politique, lisait les journaux, discutait de l’actualité avec intelligence, écrivait d’un style net et naturel. Pendant l’exil de Perdiguier et de ses amis républicains, elle joua le rôle d’intermédiaire en France, faisant résistance de l’intérieur. Elle fit jouer ses relations pour faire rentrer Perdiguier d’exil. Par le biais de George Sand, elle obtint de Louis Napoléon Bonaparte la grâce de plusieurs condamnés à mort.

Personnage obscur, oublié par l’histoire, Lise fréquentait les plus célèbres femmes de l’époque : George Sand qui lui confiait ses travaux d’aiguille pour avoir le plaisir de l’avoir plus souvent à ses côtés ; Pauline Rolland, Eléonore Blanc, fille spirituelle de Flora Tristan et l’une des plus sincères amies de Lise ; Stéphanie Geoffroy Saint Hilaire, la fille de Geoffroy Saint Hilaire, ami de Cuvier et Jussieu ; Marie d’Agoult alias Daniel Stern, le célèbre écrivain.

Lise jalousait la réputation de son mari. Portant à bout de bras les affaires politiques de Perdiguier, rendant service aux prisonniers d’état qui ne pouvaient pas faire leurs affaires eux-mêmes, elle vivait dans l’ombre des républicains. Elle aurait voulu une reconnaissance.

Cependant fidèle au rôle traditionnel de « bonne épouse », catholique pratiquante, elle ne se plaignait pas, ne se confiait pas. Elle se dévoua corps et âme à son mari jusqu’à en tomber malade de contrariété. Elle finit par accepter de le suivre dans l’exil, résolu à abandonner ses parents qu’elle aimait tant. Mais heureusement pour Lise, le projet n’aboutit pas, Perdiguier revint en France.

Lise finit sa vie dans un dénouement extrême. Remplie d’amertume envers le Compagnonnage auquel Perdiguier avait sacrifié sa fortune personnelle et sa santé, elle refusait de recevoir chez elle les Compagnons.

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