LE COMPAGNONNAGE | GEORGE SAND | ET LISE ?

Premier évènement du bicentenaire de la naissance d’Agricol Perdiguier  : l'exposition que consacre Cécile Attalin à son ancêtre,
du 5 au 18 avril 2004 à la Mairie du 4e arrondissement de Paris
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> EN SAVOIR PLUS SUR CETTE EXPOSITION

Les textes ci-dessous, qui résultent du travail réalisé pour cette exposition, seront illustrés prochainement.


| 1840-1873 : L'AMITIÉ AVEC GEORGE SAND

« Croyez bien que malgré le temps et l’éloignement, mon cœur vous est resté fidèle et sincèrement attaché. »

George Sand, Nohant, 25 décembre 1857

 

La rencontre de George Sand et de Perdiguier remonte à 1840. En 1839, Perdiguier publiait le Livre du Compagnonnage qui lui attira la sympathie de personnalités littéraires, notamment de George Sand. À cette époque un engouement soudain apparaît pour les ouvriers-poètes, c’est le début du socialisme, les questions sociales sont à l’honneur et la « classe ouvrière » commence à prendre conscience de sa force.

George Sand fut curieuse de connaître l’auteur d’un ouvrage si fraternel qui exhortait à la concorde et à l’union les Compagnons des différents devoirs et leur conseillait de s’instruire. Cette rencontre marqua le début d’une longue amitié.

George Sand était persuadée que la « vertueuse entreprise » de Perdiguier porterait ses fruits. Elle finança donc son second tour de France dans le but de propager ses idées de fraternité. Pour seconder son action, elle écrivit Le Compagnon du Tour de France, dont le héros Pierre Huguenin n’est autre que Perdiguier lui-même. C’est lui qui la renseigna sur l’histoire du Compagnonnage, les différentes sociétés et leurs usages.

George Sand devint amie avec la femme de Perdiguier, Lise.

L’amitié de George Sand fut pour Perdiguier le plus réconfortant des soutiens car leur mutuelle fidélité ne se démentit pas. Leur correspondance en fait foi, elle s’étend sur plus de trente ans, de mai 1840 à octobre 1872. Avec la plus grande simplicité, Sand parle de Consuelo, son « interminable roman », des travaux de menuisier de Perdiguier ; elle lui commande aussi à l’occasion des meubles.

Nous avons vu que c’était le Compagnonnage qui avait fait se rencontrer Sand et Perdiguier. Peu à peu, Sand va évoluer vers une nouvelle foi démocratique et va entraîner avec elle Perdiguier vers une nouvelle mission : « C’est dans le peuple et dans la classe ouvrière surtout qu’est l’avenir du monde. Vous en avez la foi et moi aussi… » (Lettre de George Sand, 20 septembre 1840). Elle l’introduisit dans les salons de ses riches amis de l’aristocratie parisienne qui se disputaient le menuisier-écrivain et sa femme, la couturière.

Après le coup d’État de 1851, Perdiguier, exilé, connut des soucis financiers. Il s’adressa à Sand au nom d’un éditeur suisse, M. Collier, lui proposant d’écrire une série d’œuvres mi-historiques, mi-romanesques sous le titre : Les Amants illustres. La quantité de travail à fournir, ne serait-ce que pour réunir la documentation nécessaire, était énorme. George Sand écrivit Evenor et Leucippe (1855), roman qui fut le seul de la série et commencé surtout dans le but de donner à Perdiguier la possibilité de toucher un peu d’argent de l’éditeur.

Au retour de Perdiguier en 1855, l’échange pris un autre ton. Perdiguier sera dépassé par les événements et George Sand ne lui écrira plus que pour adoucir les déceptions du « vieux lutteur qui ne veut pas renoncer, alors même qu’il sent son rêve lui échapper… » (Briquet)

 

Pour en savoir plus sur George Sand, le site de l'Association des Amis de George Sand : www.amisdegeorgesand.info

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