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Premier évènement du bicentenaire de la naissance d’Agricol Perdiguier  : l'exposition que consacre Cécile Attalin à son ancêtre,
du 5 au 18 avril 2004 à la Mairie du 4e arrondissement de Paris
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> EN SAVOIR PLUS SUR CETTE EXPOSITION

Les textes ci-dessous, qui résultent du travail réalisé pour cette exposition, seront illustrés prochainement.


| 1855-1875 : LE DIFFICILE RETOUR D'EXIL

« Retourner au pays, c’est l’illusion de retrouver le paysage statique
que nous avons laissé et qui n’existe plus. »

Maren et Marcelo Vinar, Exil et Torture

 

On peut penser que la réintégration de Perdiguier à son retour d’exil le 5 décembre 1855, ne fut pas chose facile.

Lui qui était resté pendant presque quatre ans, le regard fixé sur sa chère patrie, la voyant toujours telle qu’elle était au moment de son départ, ne s’attendait pas à tous ces changements. Les hommes et les idées avaient évolué. « Un fossé s’était creusé entre les hommes se réclamant pourtant des idées républicaines, annonçant la formation et l’entrée sur la scène politique d’une nouvelle génération ayant des aspirations et des habitudes différentes. » (Iouda Tchernoff)

Perdiguier reprit ses cours de dessin. Il ouvrit une librairie où il vendait les ouvrages qu’il recommandait dans ses brochures d’éducation ouvrière : les ouvrages techniques des métiers, les collections d’Histoire de France, les Dictionnaires et Biographies, la Bible, les ouvrages de ses amis (George Sand, Eugène Sue), ainsi que ses propres ouvrages et des lithographies représentant les fondateurs légendaires du Compagnonnage et divers thèmes compagnonniques. Là, durant le siège de Paris, de futurs grands politiciens venaient rendre visite à Perdiguier : Pelletan, père et fils, Jules Ferry, Gambetta, avec qui Perdiguier correspondait.

Les trois fondateurs du Compagnonnage : Salomon, Maître Jacques et le Père Soubise.
Lithographies éditées par Agricol Perdiguier.

Consulter la notice de la réédition en fac-similé de ces lithographies.

 

Pour joindre les deux bouts, il ouvrit aussi un débit de vin, qu’il faisait venir de Morières. Certes, il venait d’une famille aisée et avait touché des héritages consistants, mais lui et Lise, qui était un panier percé, furent incapables de garder le moindre argent : ils donnaient tout. À sa mort, il laissa d’ailleurs sa femme endettée.

Dans Comment constituer la République, il écrit :

« Moi, je suis loin d’être riche ; j’ai dévoré mon pauvre patrimoine par la prison, par l’exil, par les soins à donner à ma famille, à mon beau-père, à ma belle-mère, par mon dévouement à mes frères les travailleurs, qui sont bien loin de se douter de tout ce que j’ai fait pour eux !
« Forcé par la nécessité, je me suis fait marchand de vin au panier, à la bouteille après avoir été trente ans professeur d’architecture et de trait, de coupe de bois et de coupe de pierre, et ça marche ; nous vivons ! […] »

Le Compagnonnage aussi avait évolué et était en crise. Les ouvriers, influencés par l’essor de l’industrie, devenaient indifférents aux traditions propres à chaque corps de métier. Les temps avaient changé très rapidement, et Perdiguier en était conscient. Il faisait désormais figure de « vieille barbe » et vivait, amer, retiré du monde politique. Le 15 juillet 1863, il partit pour son troisième tour de France, prêcher à nouveau la paix et la fraternité. À Lyon, les Compagnons lui firent présent d’un gobelet en argent gravé à son nom. En 1866, il annonce sa rentrée politique : « Non, non, je ne puis renoncer à agir sur les masses et à les servir, si je le puis. »

Quand la guerre de 1870 éclata, Perdiguier accepta d’être nommé adjoint au maire du XIIe arrondissement de Paris. Quand la ville tomba, Perdiguier publia un Appel aux Parisiens dans le National pour les conjurer de ne pas suivre l’Hôtel de Ville, mais de s’unir derrière le gouvernement réfugié à Bordeaux et dirigé par Thiers.

Il mourut à Paris le 26 mars 1875, frappé d’une congestion cérébrale.

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