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Premier
évènement du bicentenaire de la naissance dAgricol
Perdiguier : l'exposition que consacre Cécile
Attalin à son ancêtre, > EN SAVOIR PLUS SUR CETTE EXPOSITION Les textes ci-dessous, qui résultent du travail réalisé pour cette exposition, seront illustrés prochainement. | 1855-1875 : LE DIFFICILE RETOUR D'EXIL
«
Retourner au pays, cest lillusion de retrouver
le paysage statique Maren et Marcelo Vinar, Exil et Torture
On peut penser que la réintégration de Perdiguier à son retour dexil le 5 décembre 1855, ne fut pas chose facile. Lui qui était resté pendant presque quatre ans, le regard fixé sur sa chère patrie, la voyant toujours telle quelle était au moment de son départ, ne sattendait pas à tous ces changements. Les hommes et les idées avaient évolué. « Un fossé sétait creusé entre les hommes se réclamant pourtant des idées républicaines, annonçant la formation et lentrée sur la scène politique dune nouvelle génération ayant des aspirations et des habitudes différentes. » (Iouda Tchernoff) Perdiguier reprit ses cours de dessin. Il ouvrit une librairie où il vendait les ouvrages quil recommandait dans ses brochures déducation ouvrière : les ouvrages techniques des métiers, les collections dHistoire de France, les Dictionnaires et Biographies, la Bible, les ouvrages de ses amis (George Sand, Eugène Sue), ainsi que ses propres ouvrages et des lithographies représentant les fondateurs légendaires du Compagnonnage et divers thèmes compagnonniques. Là, durant le siège de Paris, de futurs grands politiciens venaient rendre visite à Perdiguier : Pelletan, père et fils, Jules Ferry, Gambetta, avec qui Perdiguier correspondait.
Les
trois fondateurs du Compagnonnage : Salomon, Maître
Jacques et le Père Soubise. Consulter la notice de la réédition en fac-similé de ces lithographies.
Pour joindre les deux bouts, il ouvrit aussi un débit de vin, quil faisait venir de Morières. Certes, il venait dune famille aisée et avait touché des héritages consistants, mais lui et Lise, qui était un panier percé, furent incapables de garder le moindre argent : ils donnaient tout. À sa mort, il laissa dailleurs sa femme endettée. Dans Comment constituer la République, il écrit : «
Moi, je suis loin dêtre riche ; jai dévoré
mon pauvre patrimoine par la prison, par lexil, par
les soins à donner à ma famille, à mon
beau-père, à ma belle-mère, par mon dévouement
à mes frères les travailleurs, qui sont bien
loin de se douter de tout ce que jai fait pour eux ! Le Compagnonnage aussi avait évolué et était en crise. Les ouvriers, influencés par lessor de lindustrie, devenaient indifférents aux traditions propres à chaque corps de métier. Les temps avaient changé très rapidement, et Perdiguier en était conscient. Il faisait désormais figure de « vieille barbe » et vivait, amer, retiré du monde politique. Le 15 juillet 1863, il partit pour son troisième tour de France, prêcher à nouveau la paix et la fraternité. À Lyon, les Compagnons lui firent présent dun gobelet en argent gravé à son nom. En 1866, il annonce sa rentrée politique : « Non, non, je ne puis renoncer à agir sur les masses et à les servir, si je le puis. » Quand la guerre de 1870 éclata, Perdiguier accepta dêtre nommé adjoint au maire du XIIe arrondissement de Paris. Quand la ville tomba, Perdiguier publia un Appel aux Parisiens dans le National pour les conjurer de ne pas suivre lHôtel de Ville, mais de sunir derrière le gouvernement réfugié à Bordeaux et dirigé par Thiers. Il mourut à Paris le 26 mars 1875, frappé dune congestion cérébrale. |
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