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Premier
évènement du bicentenaire de la naissance dAgricol
Perdiguier : l'exposition que consacre Cécile
Attalin à son ancêtre, > EN SAVOIR PLUS SUR CETTE EXPOSITION Les textes ci-dessous, qui résultent du travail réalisé pour cette exposition, seront illustrés prochainement. | 1852 : LA PROSCRIPTION ET L'EXIL «
Moi je vais vivre seul, proscrit, Ovide
Suite au coup dÉtat du 2 décembre 1852, Agricol Perdiguier fut arrêté et emprisonné successivement à Mazas puis à Sainte-Pélagie. Cest là quil lu dans le Moniteur son nom parmi la liste des 66 républicains expulsés, établie par décret du 9 janvier 1852. Le 23 janvier 1852, contraint dabandonner sa patrie, il arriva à Bruxelles, où il trouva un logement dans le même immeuble que Nadaud, lauteur des Mémoires de Léonard, ancien maçon creusois. Perdiguier appréciait cette ville, où il retrouvait les autres proscrits dans le passage Saint-Hubert (leur quartier général), ou dans la petite auberge de la rue des Bouchers. Mais seuls ceux qui avaient des moyens dexistence constatés purent se fixer à Bruxelles. Le 2 février 1852, Perdiguier fut interné à Anvers, ce qui était pour lui, selon lexpression de Saint-Ferréol, l« exil dans lexil » ; jeté loin des ses amis, dans une ville hollandaise où il ne comprenait pas la langue, il ne pouvait que difficilement gagner sa vie. Il réussit pourtant à reconstituer un cercle damis : ses anciens collègues Renaud et Besse, Benoît et J. B. Nys, directeur des messageries Van Gand. Mais Perdiguier préférait la solitude. Lexil lui permit de se consacrer exclusivement à la lecture et à lécriture. Cest à Anvers quil commença ses Mémoires dun Compagnon. Le 5 mai 1852, il explique à Lise dans une lettre : « [ ] jécris ici les Souvenirs dun Compagnon. Jai composé jusquà la fin du tour de France, où je décris beaucoup de choses. Je relis cette partie, je veux la terminer tout à fait [ ] cest pour ce travail là que je te demande certains livres et certains papiers. Mets un exemplaire des plus mauvais du livre du Compagnonnage pour être déchiré et servir à mon travail. » Perdiguier reçut aussi à Anvers la visite de plusieurs amis dont celle de Victor Hugo, qui lui proposait de venir sinstaller avec lui à Jersey. Mais Perdiguier sinquiétait pour la situation matérielle de sa famille. À Paris, sa femme tenait un garni douvriers, lHôtel des travailleurs. Elle pouvait ainsi subvenir aux besoins de ses trois filles et de ses parents qui vivaient à ses côtés. Perdiguier, lui, vivait du revenu de ses propriétés de Morières quil voyait fondre comme neige au soleil. Las de la vie à Anvers, il gagna clandestinement la Suisse, avec un faux passeport au nom de Jean-François Roland. Il sinstalla à Genève, le 18 septembre 1852 et y donna des cours de traits. Pour augmenter ses ressources, il plaçait des boites de compas et des livres quil faisait venir de Paris. Lété, il partait se reposer dans la belle campagne de Drise, à une heure de marche de Genève. Perdiguier envisageait son avenir avec plus de confiance. Sa vie quotidienne fut adoucit par la présence damis dévoués : le docteur Bouchet et sa famille, Joseph Benoît, ancien représentant, Tisserandot, un autre réfugié, Poussin, menuisier et fils dun de ses anciens maîtres dAvignon, M. et Mme Buffle, M. et Mme Henriot Peu à peu, la résolution quavait Perdiguier de ne pas rentrer en France, faiblit. Lisolement, les sollicitations de sa femme et de ses amis de Paris, le procès quil avait engagé contre léditeur des Mémoires, le décidèrent à envisager son retour. Eléonore Blanc, la fille spirituelle de Flora Tristan, Stéphanie Geoffroy Saint-Hilaire et George Sand, entre autres, firent des démarches pour lui obtenir lautorisation de rentrer, sans quil nait rien à signer de compromettant. Perdiguier fut parmi les premiers proscrits à rentrer : le 5 décembre 1855, il était parmi les siens alors que la majorité des exilés préférera attendre la déclaration damnistie en 1859. |
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