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Premier évènement du bicentenaire de la naissance d’Agricol Perdiguier  : l'exposition que consacre Cécile Attalin à son ancêtre,
du 5 au 18 avril 2004 à la Mairie du 4e arrondissement de Paris
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> EN SAVOIR PLUS SUR CETTE EXPOSITION

Les textes ci-dessous, qui résultent du travail réalisé pour cette exposition, seront illustrés prochainement.


| 1852 : LA PROSCRIPTION ET L'EXIL

« Moi je vais vivre seul, proscrit,
dans le nord, dans le brouillard,
dans le travail sans relâche.
Je me donnerai des forces
en pensant à vous. »

Ovide

 

Suite au coup d’État du 2 décembre 1852, Agricol Perdiguier fut arrêté et emprisonné successivement à Mazas puis à Sainte-Pélagie. C’est là qu’il lu dans le Moniteur son nom parmi la liste des 66 républicains expulsés, établie par décret du 9 janvier 1852.

Le 23 janvier 1852, contraint d’abandonner sa patrie, il arriva à Bruxelles, où il trouva un logement dans le même immeuble que Nadaud, l’auteur des Mémoires de Léonard, ancien maçon creusois. Perdiguier appréciait cette ville, où il retrouvait les autres proscrits dans le passage Saint-Hubert (leur quartier général), ou dans la petite auberge de la rue des Bouchers.

Mais seuls ceux qui avaient des moyens d’existence constatés purent se fixer à Bruxelles. Le 2 février 1852, Perdiguier fut interné à Anvers, ce qui était pour lui, selon l’expression de Saint-Ferréol, l’« exil dans l’exil » ; jeté loin des ses amis, dans une ville hollandaise où il ne comprenait pas la langue, il ne pouvait que difficilement gagner sa vie. Il réussit pourtant à reconstituer un cercle d’amis : ses anciens collègues Renaud et Besse, Benoît et J. B. Nys, directeur des messageries Van Gand.

Mais Perdiguier préférait la solitude. L’exil lui permit de se consacrer exclusivement à la lecture et à l’écriture. C’est à Anvers qu’il commença ses Mémoires d’un Compagnon.

Le 5 mai 1852, il explique à Lise dans une lettre : « […] j’écris ici les Souvenirs d’un Compagnon. J’ai composé jusqu’à la fin du tour de France, où je décris beaucoup de choses. Je relis cette partie, je veux la terminer tout à fait […] c’est pour ce travail là que je te demande certains livres et certains papiers. Mets un exemplaire des plus mauvais du livre du Compagnonnage pour être déchiré et servir à mon travail. »

Perdiguier reçut aussi à Anvers la visite de plusieurs amis dont celle de Victor Hugo, qui lui proposait de venir s’installer avec lui à Jersey.

Mais Perdiguier s’inquiétait pour la situation matérielle de sa famille. À Paris, sa femme tenait un garni d’ouvriers, l’Hôtel des travailleurs. Elle pouvait ainsi subvenir aux besoins de ses trois filles et de ses parents qui vivaient à ses côtés. Perdiguier, lui, vivait du revenu de ses propriétés de Morières qu’il voyait fondre comme neige au soleil.

Las de la vie à Anvers, il gagna clandestinement la Suisse, avec un faux passeport au nom de Jean-François Roland. Il s’installa à Genève, le 18 septembre 1852 et y donna des cours de traits. Pour augmenter ses ressources, il plaçait des boites de compas et des livres qu’il faisait venir de Paris. L’été, il partait se reposer dans la belle campagne de Drise, à une heure de marche de Genève. Perdiguier envisageait son avenir avec plus de confiance. Sa vie quotidienne fut adoucit par la présence d’amis dévoués : le docteur Bouchet et sa famille, Joseph Benoît, ancien représentant, Tisserandot, un autre réfugié, Poussin, menuisier et fils d’un de ses anciens maîtres d’Avignon, M. et Mme Buffle, M. et Mme Henriot…

Peu à peu, la résolution qu’avait Perdiguier de ne pas rentrer en France, faiblit. L’isolement, les sollicitations de sa femme et de ses amis de Paris, le procès qu’il avait engagé contre l’éditeur des Mémoires, le décidèrent à envisager son retour. Eléonore Blanc, la fille spirituelle de Flora Tristan, Stéphanie Geoffroy Saint-Hilaire et George Sand, entre autres, firent des démarches pour lui obtenir l’autorisation de rentrer, sans qu’il n’ait rien à signer de compromettant.

Perdiguier fut parmi les premiers proscrits à rentrer : le 5 décembre 1855, il était parmi les siens alors que la majorité des exilés préférera attendre la déclaration d’amnistie en 1859.

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