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Premier
évènement du bicentenaire de la naissance dAgricol
Perdiguier : l'exposition que consacre Cécile
Attalin à son ancêtre, > EN SAVOIR PLUS SUR CETTE EXPOSITION Les textes ci-dessous, qui résultent du travail réalisé pour cette exposition, seront illustrés prochainement. | 1824-1828 : LE TOUR DE FRANCE D'AVIGNONNAIS
«
Le 20 avril 1824 portant un petit paquet sur lépaule
suspendu à un bâton, Agricol Perdiguier, Mémoires dun Compagnon
Le 20 avril 1824, Agricol Perdiguier partait dAvignon pour faire son tour de France. Cest de ce souvenir quil écrivit plus tard, dans ses Mémoires dun Compagnon, cette chanson :
« Quel temps ! Quel chemin magnifique Il passa par les villes qui étaient « de devoir » (obligatoires) pour les Compagnons du Devoir de Liberté : Marseille, Nîmes, Montpellier, Béziers, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Chartres, Paris, Lyon. Dans ces villes, il devait parfaire sa formation pour devenir chaque jour meilleur ouvrier. À Montpellier, il fut reçu Compagnon. Il devint possesseur dune canne, de rubans bleus et blancs et du nom dAvignonnais-la-Vertu : « Vous porterez une canne, des couleurs, un surnom, lui dirent ses nouveaux collègues, faites respecter tout cela ! [ ] Votre conduite a toujours été bonne ; quelle soit, sil se peut, meilleure encore. Grandissez toujours plus à vos propres yeux et aux yeux des hommes qui vous regardent. Vous êtes maintenant le point de mire des affiliés ; vous leur servez dexemple, guidez-les donc dans le chemin de lhonneur, de la science, de la gloire, de la droiture, de la vertu. » À Bordeaux, un Compagnon suisse qui faisait son tour de France lui fit prendre goût à la lecture. Perdiguier achetait des livres au rabais, chez les bouquinistes : « Je lisais, dit-il, chaque soir, après avoir dessiné ; car il fait que le devoir passe avant le plaisir. Je prenais sur le repos de mes nuits une instruction qui grandissait mon intelligence, et qui ouvrait devant moi tout un monde aux horizons incommensurables. Jappris à connaître les noms de nos grands hommes, en même temps que les immortelles productions de leur génie. Sans jamais négliger mon travail, je minitiais aux beautés de la littérature française ; jappris à connaître le théâtre, lhistoire et la poésie, chez nous et chez les nations voisines qui ont aussi des chefs-duvre à nous montrer. Jacquérais de lexpérience ; je commençais à penser mûrement ; je voulais beaucoup apprendre pour pouvoir enseigner à mon tour. Je ne cherchais à mélever que pour élever mes frères à mon exemple. » Cest aussi sur son tour quil découvrit les méfaits du topage ; cette pratique servait de reconnaissance sur la route entre deux Compagnons ou groupes de Compagnons qui venaient à se rencontrer. Sils étaient de la même société, ils buvaient à la gourde en signe de fraternité, sinon, ils se considéraient comme ennemis et pouvaient se livrer combat à mort. Cet esprit de haine était une manifestation de cette implacable inimitié aussi tenace quirraisonnée qui régnait dans le Compagnonnage, entre les différents Devoirs (sociétés). Cest sur ce constat de haine séculaire, et dans le but de réconcilier les Compagnons de tous les Devoirs, que Perdiguier entreprit luvre de régénération à laquelle il consacra sa vie. |
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