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Premier évènement du bicentenaire de la naissance d’Agricol Perdiguier  : l'exposition que consacre Cécile Attalin à son ancêtre,
du 5 au 18 avril 2004 à la Mairie du 4e arrondissement de Paris
.

> EN SAVOIR PLUS SUR CETTE EXPOSITION

Les textes ci-dessous, qui résultent du travail réalisé pour cette exposition, seront illustrés prochainement.


| 1824-1828 : LE TOUR DE FRANCE D'AVIGNONNAIS

« Le 20 avril 1824 portant un petit paquet sur l’épaule suspendu à un bâton,
je pars d’Avignon à pied… »

Agricol Perdiguier, Mémoires d’un Compagnon

 

Le 20 avril 1824, Agricol Perdiguier partait d’Avignon pour faire son tour de France. C’est de ce souvenir qu’il écrivit plus tard, dans ses Mémoires d’un Compagnon, cette chanson :

« Quel temps ! Quel chemin magnifique
Comme l’avenir me sourit ! …
Une voix sourde, prophétique,
Échauffe, élève mon esprit.
Je cueillerai par ma constance
Des talents et de la science.
Adieu, riche, charmant pays,
C’est un grand bien que l’espérance !
Adieu, riche, charmant pays,
Adieu, vous tous, mes vrais amis. »

Il passa par les villes qui étaient « de devoir » (obligatoires) pour les Compagnons du Devoir de Liberté : Marseille, Nîmes, Montpellier, Béziers, Toulouse, Bordeaux, Nantes, Chartres, Paris, Lyon. Dans ces villes, il devait parfaire sa formation pour devenir chaque jour meilleur ouvrier.

À Montpellier, il fut reçu Compagnon. Il devint possesseur d’une canne, de rubans bleus et blancs et du nom d’Avignonnais-la-Vertu : « Vous porterez une canne, des couleurs, un surnom, lui dirent ses nouveaux collègues, faites respecter tout cela ! […] Votre conduite a toujours été bonne ; qu’elle soit, s’il se peut, meilleure encore. Grandissez toujours plus à vos propres yeux et aux yeux des hommes qui vous regardent. Vous êtes maintenant le point de mire des affiliés ; vous leur servez d’exemple, guidez-les donc dans le chemin de l’honneur, de la science, de la gloire, de la droiture, de la vertu. »

À Bordeaux, un Compagnon suisse qui faisait son tour de France lui fit prendre goût à la lecture. Perdiguier achetait des livres au rabais, chez les bouquinistes : « Je lisais, dit-il, chaque soir, après avoir dessiné ; car il fait que le devoir passe avant le plaisir. Je prenais sur le repos de mes nuits une instruction qui grandissait mon intelligence, et qui ouvrait devant moi tout un monde aux horizons incommensurables. J’appris à connaître les noms de nos grands hommes, en même temps que les immortelles productions de leur génie. Sans jamais négliger mon travail, je m’initiais aux beautés de la littérature française ; j’appris à connaître le théâtre, l’histoire et la poésie, chez nous et chez les nations voisines qui ont aussi des chefs-d’œuvre à nous montrer. J’acquérais de l’expérience ; je commençais à penser mûrement ; je voulais beaucoup apprendre pour pouvoir enseigner à mon tour. Je ne cherchais à m’élever que pour élever mes frères à mon exemple. »

C’est aussi sur son tour qu’il découvrit les méfaits du topage ; cette pratique servait de reconnaissance sur la route entre deux Compagnons ou groupes de Compagnons qui venaient à se rencontrer. S’ils étaient de la même société, ils buvaient à la gourde en signe de fraternité, sinon, ils se considéraient comme ennemis et pouvaient se livrer combat à mort. Cet esprit de haine était une manifestation de cette implacable inimitié aussi tenace qu’irraisonnée qui régnait dans le Compagnonnage, entre les différents Devoirs (sociétés).

C’est sur ce constat de haine séculaire, et dans le but de réconcilier les Compagnons de tous les Devoirs, que Perdiguier entreprit l’œuvre de régénération à laquelle il consacra sa vie.

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